Que deviennent nos paroisses d’hier dans nos unités pastorales ?
Éditorial de février 2026
Les plus anciens d’entre nous se rappellent le temps où il y avait un curé pour chacune de nos six églises avec un ou plusieurs vicaires. Ce temps où il y avait, dans certaines églises, plusieurs messes le week-end ; temps où l’on allait à l’église à pieds. Aujourd’hui, la vie paroissiale se ramène à l’unité pastorale. C’est au niveau de l’unité pastorale que l’on trouve un curé, que l’on planifie les célébrations. C’est là qu’il faut adresser les demandes de sacrements (baptême, communion, confirmation, mariage …) ou pour la célébration des funérailles.
C’est normal que certains vivent cette situation comme un manque : ce qui se faisait dans leur église ne s’y fait plus. Parfois, on observe même des réactions de repli, comme si l’on avait peur de disparaître. Pourtant ces évolutions font, non seulement partie des évolutions de notre monde, mais également de l’identité même de l’Eglise : peuple rassemblé par Dieu. L’Eglise est communion, mise en commun, rassemblement. La messe est toujours célébrée en communion avec notre pape, notre évêque, les prêtres, les diacres et les chrétiens du monde entier. Les valeurs d’unité et d’universalité sont constitutives de l’Église.
Dans le diocèse de Tournai, comme ailleurs, on a toujours eu, en plus de la paroisse, un doyenné, une région pastorale puis le diocèse en communion avec les autres diocèses de Belgique et du monde, même quand il était très difficile de se déplacer. Une telle organisation invite à s’ouvrir, se soutenir, se compléter, pour vivre la communion et former ensemble l’Eglise corps du Christ. Depuis le commencement, le Seigneur Jésus, lui-même, nous demande de sortir : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,19-20).
Aujourd’hui, non seulement le nombre de prêtres et de chrétiens a diminué, mais les conditions de mobilité et de vie ont profondément changé. Faire comme autrefois, c’est ignorer ces évolutions et se condamner à rester à la marge, voire à renier notre vocation d’Eglise, peuple réunifié, rassemblé autour du Christ. Alors, sans nostalgie, regardons vers l’avant, écoutons ce que l’Esprit dit aux Églises d’aujourd’hui.
Comme le pape Léon XIV nous l’a dit à la messe de clôture de l’année jubilaire : « Demandons-nous : y a-t-il de la vie dans notre Église ? Y a-t-il de la place pour ce qui naît ? Aimons-nous et annonçons-nous un Dieu qui remet en route ? » Nous avons appris et nous nous sommes entraînés durant l’année 2025 à être des pèlerins d’espérance. Que les grâces reçues au cours de cette année jubilaire donnent tous leurs fruits dans nos vies et dans notre unité pastorale.
Pour ne pas perdre notre ancrage local, chacun de nos clochers à une personne-relai. Ces personnes ont été envoyées en mission en septembre 2025, dans le cadre du conseil pastoral. Notre prochaine réunion du conseil pastoral prendra le temps de redécouvrir cette figure très importante pour notre Eglise d’aujourd’hui. Cette personne, comme le nom l’indique, fait le lien entre la petite communauté locale, celle qui se réunit à l’ombre de son clocher, et l’ensemble de l’unité pastorale. Elle est une courroie de transmission pour aider sa communauté à s’ouvrir et à faire Église avec les autres.
Rappelons-le encore une fois : l’Église est communion, accueil et ouverture. Et nous, nous sommes les pierres vivantes appelées à s’agréger les unes autres pour former le temple saint de Dieu. Nous sommes les membres du corps du Christ censés participer, chacun, à la vie du corps entier. L’unité pastorale et le diocèse sont là pour faire grandir nos paroisses d’hier, leur permettre de vivre et de répondre à leur vocation et leur mission d’Eglise vivante.
Abbé Louis Wetshokonda
