Sacré-Coeur, l’amour du coeur de Jésus au coeur du monde
Éditorial de juin 2026
Je vous invite, en ce mois de juin, à nous tourner vers le Sacré-Coeur, fête célébrée le troisième vendredi après la pentecôte, soit le vendredi qui suit la fête du Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ. Elle tombe, cette année, le vendredi 12 juin. Deux des six églises de notre unité pastorale lui sont consacrées, celle de Marcinelle XII et celle de Mont-sur-Marchienne Haies. Cette fête, comme nos deux églises, nous rappelle que Jésus nous a donné son coeur.
Cette fête est relativement récente. On commence à la célébrer en France au 17e siècle, suite à l’action missionnaire du prêtre Jean Eudes et des révélations reçues à Paray-le-Monial par la soeur Marguerite- Marie Alacoque. Au 19e siècle, la dévotion au Sacré-Coeur gagne l’Eglise universelle, mais elle ne devient une solennité qu’en 1929 sous le pape Pie XI. Ajoutons que nos deux églises consacrées au Sacré-Coeur de Jésus sont les dernières construites dans notre unité pastorale. Il faut pourtant reconnaître que le contenu de cette fête, ce qu’elle célèbre, est très ancien et se trouve au coeur du message de la Bible (ancien et nouveau testaments).
Dans l’Ancien Testament, le coeur est le siège de la pensée et des affects (sentiments) et donc le siège de l’amour. Dans le langage très imagé qui le caractérise, on parle même des entrailles. Ainsi, par la bouche du prophète Isaïe, Dieu dit : « Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas » (Is 49,15). Il n’y a pas de formule plus forte et plus claire pour dire que l’amour de Dieu dépasse celui d’une mère pour son nourrisson. Citons aussi ce verset du livre du prophète Osée : « Vais-je t’abandonner, Éphraïm, et te livrer, Israël ? (…) Non ! Mon coeur se retourne contre moi ; en même temps, mes entrailles frémissent » (Os 11,8). Même si le Seigneur Dieu a mille raisons de se fâcher et de détruire son peuple infidèle, son coeur qui n’est qu’amour le lui interdit.
À la passion de Jésus, « un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau » (Jn 19,34). On peut voir ici, non seulement l’évocation de l’eau du baptême et du sang de l’alliance, mais aussi une allusion au récit de la création où le Seigneur ouvre le côté d’Adam et en tire ce qui va servir à façonner Ève. Jésus laisse donc ouvrir son coeur pour que jaillisse ce qui donne vie. Littéralement, il offre son coeur au monde, et l’Eglise, peuple bien aimé de Dieu, prend naissance.
La fête du Sacré-Coeur célèbre ce don sans mesure de l’amour du Christ, et nos deux églises sont le signe dressé qui nous rappelle que Jésus donne son coeur plein d’amour à quiconque accepte d’accueillir cet amour. Ceux qui ont bâti ces églises ont voulu qu’en les voyant nous nous rappelions que Jésus nous aime tous d’un amour unique au point de mourir pour nous.
Nous essayons de donner accès à ces églises à quiconque veut s’y rendre pour un moment de recueillement ou de découverte. À Marcinelle XII, nous avons accueilli la communauté orthodoxe érythréenne. Elle y célèbre chaque dimanche matin, tandis que nous, nous continuons à y dire la messe chaque samedi à 17h30 et à y organiser d’autres célébrations. À Mont-sur-Marchienne Haies, nous mettons l’orgue à la disposition de l’Académie pour que les enfants découvrent non seulement la beauté de cet instrument et de la musique, mais également les sensations que procure cet édifice.
Face à cet immense amour de notre Seigneur qui s’exprime par cette fête et ces bâtiments, nous ne pouvons pas manquer de nous demander quelle est notre réponse. Notre coeur bat-il au rythme de cet amour ? Comment l’exprimons-nous dans notre relation à Dieu et à nos frères et soeurs ? Ne restons pas indifférents. Soyons, à notre tour, signe de cet amour pour notre société !
Déjà, je vous invite tous à célébrer la fête du Sacré-Coeur le samedi 13 juin à 17h30 à Marcinelle XII et le dimanche 14 juin à 9h30 à Mont-sur-Marchienne Haies.
Abbé Louis Wetshokonda
