Armistice : Heureux les artisans de paix
Éditorial de Novembre 2026
Chaque 11 novembre, le monde entier célèbre l’armistice de 1918 – signé entre les Alliés et l’Allemagne dans la clairière de Rethondes à Compiègne en France, dans le Wagon-salon du maréchal Foch, – qui a mis fin aux atrocités de la première guerre mondiale. Nous prierons pour la paix à la messe du soir, comme chaque mercredi à 18h30, à Saint-Paul. Mais la messe solennelle, le dépôt des fleurs devant les monuments commémoratifs et le partage du verre d’amitié auront lieu le jeudi 12 novembre à 9h30 à Saint-Paul, pour nous permettre de faire participer les plus jeunes qui reprennent l’école ce jour-là.
L’armistice n’était pas, et n’est pas, un traité de paix, mais un cessez-le-feu. Pourtant, au-jourd’hui encore, on mesure ce qu’il a fallu de courage et d’abnégation pour y arriver. On mesure surtout à quel point un petit pas dans la direction de la paix peut déjà sauver beaucoup de vies. On découvre chaque jour quelle horreur a été arrêtée par ce geste du 11 nov. 1918.
L’histoire pourtant ne s’est pas arrêtée, les conflits non plus. Il y a eu la deuxième guerre mondiale, mais aussi de belles institutions internationales pour instaurer et préserver la paix entre les peuples et entre les nations. Malheureusement, ces institutions, elles-mêmes, sont aujourd’hui malmenées et la guerre fait partie de notre quotidien. Nous en ressentons les conséquences même si nous n’entendons pas le bruit des bottes et des armes, ni ne voyons les tranchées comme pendant la grande guerre. Tout ceci nous rappelle, chaque jour, que la paix est un bien très fragile
Alors, quand nous entendons : « Heureux les artisans de paix » (Mt 5,9), au lieu de regarder uniquement vers les grands de ce monde ou vers des personnes d’exception comme Ghandi, Luther King, Mandela ou les lauréats du prix Nobel de la paix, demandons-nous chacun : « qu’est-ce que j’ai fait aujourd’hui en vue de la paix ? ». Nous devons nous mobiliser, nous tous, pour la paix. Nous interdire de commettre la violence ou de rester indifférents, prier pour la paix, poser de petits gestes de paix, c’est déjà faire partie de la communauté des artisans de paix. Nous devons redécouvrir la grandeur de petits gestes : tendre la main, saluer, demander pardon, pardonner alors, comme nous le chantons souvent à la messe : « la paix, elle aura ton visage, la paix, elle aura tous les âges, la paix sera toi, sera moi, sera nous et la paix sera chacun de nous ».
Pour les chrétiens, même quand il nous semble que faire la paix c’est plus fort que nous, nous sommes invités à donner aux autres la paix qui vient du Christ. Il nous a dit : « dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous » (Lc 10,5-6). Cette paix dépasse celle de l’armistice et des traités. Elle chasse toute peur et permet de traverser toutes les turbulences de la vie, car le Christ nous a aussi dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre coeur ne soit pas bouleversé ni effrayé » (Jn 14,27).
Comme saint François, et par son intercession, demandons au Seigneur de faire de chacun de nous « un instrument de sa paix », un bâtisseur d’amour.
Abbé Louis Wetshokonda
